“NOUS SAVONS, NOUS RESSENTONS” : Corps-maretório et la lutte pour la reconnaissance des impacts de l’expansion de l’énergie éolienne en mer (offshore) dans les communautés traditionnelles de pêche artisanale du Rio Grande do Norte, Brésil.
Communautés traditionnelles de pêche ; Corps-territoire ; Anthropologie décoloniale ; Transition énergétique ; Énergie éolienne en mer ; Impacts socio-environnementaux ; RN.
Cette thèse s’inscrit dans le champ de l’anthropologie sociale et porte sur les communautés traditionnelles de pêche du littoral du Rio Grande do Norte, au Brésil. Elle articule la catégorie de corps-territoire à une perspective décoloniale, féministe et ethnographiquement située. Son objectif principal est d’analyser la manière dont les processus d’expansion de l’énergie éolienne en mer, institutionnellement présentés à travers la rhétorique de la transition énergétique et de la durabilité, produisent des impacts socio-environnementaux, territoriaux, économiques, politiques et psychosociaux sur les communautés de pêche de la côte du Rio Grande do Norte. À partir d’une enquête de terrain menée entre 2021 et 2026 auprès de femmes dirigeantes de la pêche artisanale dans des territoires tels qu’Enxu Queimado, Galinhos, Macau, Guamaré, Caiçara do Norte et São Bento do Norte, la thèse analyse la manière dont ces femmes perçoivent, racontent et affrontent les impacts de ces projets avant même l’installation matérielle des infrastructures en mer. La recherche montre que ces impacts ne se limitent pas aux transformations physiques de l’environnement : ils traversent les corps, les liens communautaires, les formes de travail, les manières d’habiter, les relations de soin, la santé mentale et les projets d’avenir. En considérant les femmes pêcheuses comme des sujets épistémiques et politiques centraux, la thèse interroge les limites des régimes techniques de reconnaissance des impacts et met en évidence les continuités coloniales qui structurent ce que l’on appelle la transition énergétique.